Convergences francophones https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf <p>Revue francophone pluridisciplinaire<br />ISSN 2291-7012</p> <p>Inscrite au DOAJ et indexée par EBSCO</p> fr-CA <p>Les auteurs qui publient dans cette revue acceptent les termes suivants:</p> <ol type="a"> <li>Les auteurs conservent le droit d'auteur et accordent à la revue le droit de première publication, l'ouvrage étant alors disponible simultanément, sous la&nbsp;<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr">Licence d’attribution Creative Commons BY-SA 2.0</a> permettant à d'autres de partager l'ouvrage tout en en reconnaissant la paternité et la publication initiale dans cette revue.</li> <li>Les auteurs peuvent conclure des ententes contractuelles additionnelles et séparées pour la diffusion non exclusive de la version imprimée de l'ouvrage par la revue (par ex., le dépôt institutionnel ou la publication dans un livre), accompagné d'une mention reconnaissant sa publication initiale dans cette revue.</li> <li>Les auteurs ont le droit et sont encouragés à publier leur ouvrage en ligne (par ex., dans un dépôt institutionnel ou sur le site Web d'une institution) avant et pendant le processus de soumission, car cela peut mener à des échanges fructueux ainsi qu'à un nombre plus important, plus rapidement, de références à l’ouvrage publié (Voir&nbsp;<a href="http://opcit.eprints.org/oacitation-biblio.html" target="_new">The Effect of Open Access</a>).</li> </ol> aeche@mtroyal.ca (Antoine Eche) jhuet@mtroyal.ca (Justine Huet) ven, 15 jan 2021 15:33:24 -0700 OJS 3.2.1.4 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 Les mondes inversés https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/589 <p>avant-propos</p> Antoine Eche, Justine Huet (c) Tous droits réservés Antoine Eche, Justine Huet 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/589 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700 Les mondes inversés de Gherasim Luca – Étude de trois poèmes https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/583 <p>L’œuvre du poète francophone Gherasim Luca (1913-1994) comprend de nombreuses références au renversement, à la révolution (au sens de retournement) et à l’inversion dans son ensemble. Ces bouleversements touchent tous les aspects de son écriture, tant sur le plan symbolique et métaphysique, que sur le plan de la langue, de la poétique et de l’esthétique. L’étude de ces éléments dans trois textes issus de deux recueils majeurs du poète, <em>Un Loup à travers une loupe</em> (1945) et <em>L’Extrême-occidentale</em> (1961), permet d’en comprendre les enjeux cognitifs, déployant les richesses de la langue et la suggestion poétique d’une manière arborescente. De fait, les mondes inversés et hétérogènes de Gherasim Luca s’agrègent paradoxalement avec une certaine fluidité qui montre que le cheminement poétique, graphique et sonore, est aussi un entrelacs d’images qui permet au texte de se dérouler infiniment à la façon des rêves.</p> Charlène Clonts (c) Tous droits réservés Charlène Clonts 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/583 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700 Penser au-delà du binarisme: Étude des stratégies de reconnaissance et de ré/conciliation des altérités dans « Aux États-Unis d’Afrique » d’Abdourahman Waberi https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/584 <p>Dans « Aux États-Unis d’Afrique » (2006), Abdourahman Waberi renverse le monde et instaure de nouveaux rapports de force. L’espace géographique alors renommé Etats-Unis d’Afrique, est une fabrique du pouvoir politique, social et culturel qui domine le Nord géographique des dépossédés. Dans le récit, la mise en place d’un patrimoine culturel africain suggère en premier lieu le dépouillement de ceux associés à d’anciennes puissances coloniales et dans en second lieu, une pratique conjointe de destitution et de restitution du nom. Le Nord de l’envers et les États-Unis d’Afrique de l’endroit sont non seulement les vecteurs de rapports de domination mais tracent plus précisément les contours d’un binarisme: le Sud géographique impose l’hégémonie africaine au reste du monde. Au coeur de cet espace mondial redessiné, Maya/Malaïka (prénom d’adoption), personnage central du récit, est en mouvement; quittant les États-Unis d’Afrique en quête de ses origines, elle se met en route vers le Nord, et prend le chemin du re(/dé)tour dans les dernières pages du récit.</p> <p>S’agirait-il là de la subversion du binarisme géographique, d’une distortion d’un modèle d’espace frontalier figé par le biais du motif de l’errance ? Ainsi, en quoi peut-on déceler dans l’oeuvre de Waberi plusieurs niveaux de déstabilisation de toute proposition binaire, qui atteignent leur culmination avec le motif de l’errance ? Dans quelles mesures, le voyage de Maya tend vers une remise en question des moules identitaires géographiques et culturels, et à quels effets ?</p> Jennifer Boum Make (c) Tous droits réservés Jennifer Boum Make 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/584 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700 Les Inversions de l’héritage littéraire entre Eric-Emmanuel Schmitt et Romain Gary https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/585 <p>A travers un jeu de reflets intertextuels et d’inversions diégétiques dans « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » (2001), Eric-Emmanuel Schmitt rend hommage à Romain Gary et à « La Vie devant soi » (1975). Dans cet article, nous explorerons l’héritage littéraire qui lie ces deux romans et les divergences esthétiques qui les différencient et créent des mondes inversés. Chez Gary, le jeune orphelin Mohammed devient Moïse, chez Schmitt, Moïse devient Mohammed. Chez les deux écrivains, l’orphelin demeure au centre, refuse son parent biologique et adopte un parent qui partage ses valeurs humanistes. Alors que « La Vie devant soi »met en lumière la complexité de la mémoire, l’indicibilité du traumatisme et la richesse de la subtilité langagière, « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran» souligne la force libératrice de l’oubli, la possibilité de la guérison et la joie de la simplicité. Au fond, ces deux œuvres représentent un plaidoyer de l’amour et de l’empathie qui réunissent les êtres séparés par la race et la religion.</p> Molleen Shilliday (c) Tous droits réservés Molleen Shilliday 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/585 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700 Le verso de la p(l)age de Camus: intertextualité militante dans « Meursault, contre-enquête » https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/586 <p>Cet article s'intéresse à la spécificité de l’affrontement intertextuel qu’entretient « Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud avec « L’Étranger » d’Albert Camus. En fournissant « l’autre côté » de l’histoire et en élucidant la partie de celle-ci que L’Étranger a laissée dans l’ombre, la contre- enquête de Daoud décompose et recompose l’œuvre de Camus. Ce faisant, Daoud déstabilise la position du lecteur qui ne parvient jamais à une solution cohérente sinon définitive du crime, contrairement à ce que propose d’ordinaire au lecteur le roman policier à énigme. De plus, depuis sa position doublement marginale (celle d’un auteur francophone algérien qui adopte les codes du roman policier afin de reprendre un chef-d’œuvre), Daoud dénude les aspects métatextuels de la création littéraire en général, et par extension éclaire les mécanismes à l’œuvre chez Camus. Il parvient ainsi à subvertir les hiérarchies et à désacraliser l’œuvre canonique. Nous allons montrer que, dans ce combat intertextuel, l’écriture et le crime ne font qu’un : le corps du texte est comparé au corps-cadavre, le meurtre incite à la création littéraire et les mots « écrivain » et « tueur » deviennent synonymes.</p> Zvezdana Ostojic (c) Tous droits réservés Zvezdana Ostojic 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/586 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700 « L’ombre d’Imana » ou "l’expérience du dire" du génocide au Rwanda https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/587 <p>Écrit en 2000 « L’ombre d’Imana » de Véronique Tadjo invite à penser la relation témoignage-littérature dans le cadre du génocide des Tutsi du Rwanda. Si l’œuvre illustre bien qu’écrire l’expérience génocidaire est possible, son écriture hétéroclite lui confère un statut difficilement classable qui démontre la complexité d’une telle entreprise, notamment au sein de l’espace littéraire qui relève de la fabulation. « L’ombre d’Imana » fait partie des premiers textes écrits par des écrivains qui n’ont pas vécu directement le drame et son éclatement reflète les tentatives de circonscrire un événement traumatique qui semble pousser l’imagination et le langage à (et hors de) leurs limites. Si le texte réaffirme donc la posture engagée de l’auteure, il illustre surtout « l’expérience du dire » (Ngandu 2011) qu’engendre le génocide qui suppose tout un travail de façonnage du discours.</p> <p>Comment l’auteure, en tant que témoin « tiers » (Coquio 2004), représente-t-elle ce temps de violence extrême ? Comment transmet-elle la mémoire des victimes et par quelles stratégies littéraires, esthétiques et discursives rend-elle son témoignage percutant dans l’optique d’une transmission crédible et convaincante ? En nous focalisant sur le jeu entre le factuel et le fictionnel, entre autres, cet article explore la transformation artistique de son témoignage visant un choix des meilleures façons de dire les faits.</p> Karel Plaiche (c) Tous droits réservés Karel Plaiche 2021 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr https://mrujs.mtroyal.ca/index.php/cf/article/view/587 ven, 15 jan 2021 00:00:00 -0700