Appel à articles

2021-01-12

Depuis l’émergence de l’industrialisation qui a entraîné une rupture dans le savoir-faire économique, politique et social, la littérature n’a cessé d’accorder une attention privilégiée aux différentes industries qui se sont développées à travers les siècles. Qu’il s’agisse des industries du transport (routier, maritime, aérien ou spatial), de l’industrie métallurgique, textile ou de l’armement, etc., dès le début elles ont représenté pour les écrivains une source d’inspiration, une matière première pour leurs productions littéraires. Des héros remarquables ont donc voyagé en train ou en bateau, dans l’espace ou dans le temps ; ils ont travaillé dans des secteurs pénibles, comme les mines ou les usines ; ils ont manipulé des armes à feu dans des batailles ou dans des attentats, etc. Les écrivains ont suivi de près la « dynamique industrielle » des dernières décennies marquées par des trafics de toutes sortes (trafic de personnes, de drogues, d’armes, etc.) et ont construit leurs œuvres littéraires autour des personnages marginaux – des immigrés clandestins, des prostituées, des enfants-soldats, etc. Les écrivains ont tiré profit également en ce qui concerne la construction des personnages, envisageant le profil de l’homme–machine ou de l’homme ‘machinal’ ; celui-ci a emprunté certains traits de sa personnalité aux engrenages industriels avec lesquels ou où il travaille ; d’ici toute une pléiade de protagonistes dont l’émergence et le devenir psychologique sont intimement liés à l’industrie.

Cette mise en scène des différentes activités économiques va de pair avec la narrativisation d’un espace bien précis – la ville et sa périphérie – où se sont installés des usines, des chantiers ; pour loger les travailleurs, on y a construit précipitamment des habitations précaires et insalubres regroupées dans des bidonvilles et des cités de transit ou des logements sociaux rassemblés dans des grands ensembles qui se voulaient modernes mais qui ont été vite associés à la marginalité et à l’exclusion sociales. Quelques figures spatiales deviennent les symboles de l’urbanisation due à la « révolution industrielle » - la gare, les dépôts, les halles, le centre commercial, etc.

L’industrie a « contaminé » non seulement le contenu des textes littéraires mais également leur forme. Aujourd’hui, grâce à l’évolution des technologies, on écrit de la littérature à l’ordinateur ou c’est un ordinateur ou une machine générative qui produit de la littérature ; on fait publier ses œuvres littéraires en format papier ou en différents formats numériques ; le lecteur a accès à ces textes sur une tablette, une liseuse, un ordinateur ou sur un téléphone portable. Les écrivains peuvent faire connaître leurs travaux sur les sites internet personnels, sur des blogs ou sur les réseaux sociaux.

Ce numéro de la revue Convergences francophones se propose donc de faire un bilan de ce que l’industrie a fait à la littérature, tant au niveau thématique, qu’au niveau de la forme ou du support. 

Pistes de réflexions (liste non-exhaustive) :

-     Patrons vs employés

-     Typologies des employés (qualifiés vs non qualifiés, secteurs difficiles, etc.)

-     Représentations des « espaces industriels »

-     Travail de nuit vs. travail de jour

-     Travail licite vs. travail illicite

-     Représentation et fonction(s) des « objets industriels »

-     L’Homme ‘machinal’

-     Supports et contenus de la cyberlittérature. 

Les textes doivent être envoyés à Ioana Marcu (ioana.marcu@e-uvt.ro) et Ramona Maliţa (ramona.malita@e-uvt.ro).

Les articles compteront entre 6 000 à 8 000 mots, porteront sur l'espace francophone et seront rédigés uniquement en français. Ils seront accompagnés d’un résumé (150-200 mots) et d’une brève notice bio-bibliographique. Ils respecteront la ligne éditoriale et les normes éditoriales et bibliographiques de la revue (format MLA).

Les articles seront évalués anonymement par deux lecteurs issus du comité scientifique/spécialistes de la thématique du numéro.

Comité scientifique :

José Domingues de Almeida, Maître de conférences, Université de Porto, Portugal

Nathalie Solomon, Professeur des Universités, HDR, Université Via Domitia Perpignan, France

Bodi Katalin, Maître de conférences HDR, Université de Debrecen, Hongrie

Anna Ledwina, Maître de conférences HDR, Université d’Opole, Pologne

Lynda Chouiten, Maître de Conférences, Université de Boumerdes, Algérie

 

Calendrier :

Dernier délai pour la réception des articles : le 15 juin 2021

Réponse aux auteurs : à partir du 15 juillet 2021

Date de publication : automne 2021